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Des savons saponifiés à froid c’est quoi ?

La saponification à froid c’est un mélange de corps gras (huiles, beurres végétaux) et de base forte minutieusement calculée (soude, potasse,…). Ces ingrédients mélangés entre 35° et 55° vont créer une réaction naturelle de chaleur et de solidification des matières. Le terme à froid désigne précisemment la basse température des corps gras.

Une saponification à froid conserve toutes les propriétés des corps gras utilisés.

Elle produit naturellement de la glycérine pure. C’est cette glycérine naturelle qui permet de nourrir votre peau !

Pourquoi saponification à froid ? Tout simplement parce qu’il existe une saponification à chaud : savon de Marseille, savon d’Alep, qui consiste à chauffer à haute température ce mélange base/huiles pour lui permettre une saponification plus rapide et plus solide. Bien moins doux qu’un savon saponifié à froid, ils restent, si fabriqués selon la méthode ancestrale, de bons savons.

Tout savoir sur le procédé de saponification à froid.

L’embarras dans le choix des corps gras ! BIO bien sûr ! Huile d’olive, de coco, de colza, de chanvre, d’amande douce, de tournesol, beurre de karité, beurre de mangue, … à choisir pour la base mais aussi pour le surgras. Tous ces gras ont un indice de saponification, c’est ce qui va permettre de calculer le poids de soude caustique qui leur correspond (pour faire simple ;-)).

Il est alors nécessaire de produire sa lessive de soude (eau + soude calculée). Le pourcentage d’eau, quant à lui, sera compris entre 30 et 35%. Ce mélange eau/soude monte immédiatement à haute température. Il est d’ailleurs essentiel de se protéger le visage, les mains et le corps afin de ne prendre aucun risque lors de cette opération !

Thermomètre en main, on passe à la fonte des beurres sans dépasser les 50° (toujours dans l’optique de préserver leurs propriétés). Je ne chauffe aucune huile végétale liquide car je veux garantir un maximum de vertus et de pureté.

Une fois que les 2 mélanges atteignent une température comprise entre 35° et 55°, le mélange corps gras/lessive de soude est associé et battu rapidement au fouet ou à l’aide d’un mixeur plongeant. Ceci jusqu’à l’obtention d’une texture crème anglaise appelé « LA TRACE » (fine ou épaisse selon les effets souhaités). Une fois cette texture obtenue, le procédé de saponification commence déjà !

Dès celle-ci obtenue, on y ajoute, en fonction de nos formules créées, des poudres végétales, minérales ainsi que des huiles essentielles, toujours bio. Un surgraissage y est ajouté et le tout est alors re-battu afin d’y combiner toutes leurs vertus.

Cette jolie pâte à savon est coulé dans un moule en bois chemisé de papier cuisson ou un moule en polyéthylène chemisé de feuilles de silicone. Ce « très gros savon » peut être couvert d’une planche de bois et mis au chaud sous une petite couverture (ceci afin de préserver la montée en température de la saponification).

Ce bloc ou « batch » va être préserver dans le laboratoire hors courants d’air, à température idéale (entre 18° et 22°) et sous hygrométrie régulée (humidification de la pièce).

Mais le surgras d’un savon, c’est quoi au juste ?

A la trace, la saponification ayant déjà débutée, le surgraissage est ajouté. Ce surgraissage est une addition finement calculée de corps gras sélectionnés que la soude ne pourra plus transformer en savon. Ce surgras reste intact et permet d’obtenir un savon plus doux, plus nourrissant. Un savon saponifié à froid est, généralement, surgras entre 5 et 10%. Au dessous on ne parle pas de surgras et au delà on ne parle plus de savon.

24 ou 48h plus tard…

Notre bloc de savon auquel on détermine un n° de lot est alors démoulé, coupé en barres puis en savons à l’aide d’une « guitare ». Cet instrument indispensable au savonnier porte ce joli nom car il est composé de cordes identiques à celles des guitares qui ont l’avantage de produire un joli son à la découpe !

Découpe en barres
Coupe savon « guitare »
En voilà de jolis savons avec un joli marbrage !

Les savons sont ensuite mis en cure entre 4 et 6 semaines. La cure c’est l’action de laisser sécher le savon pour plusieurs raisons : l’élimination complète et totale de la soude, l’évaporation de l’eau utilisée pour sa fabrication, renforcer sa dureté ou plus simplement d’obtenir un véritable savon « soin ».

A l’issu de ces looonnngues semaines, les données sécurité PH sont relevées : le PH d’un savon saponifié à froid est basique et se situe entre 9 et 10,5. Ce qui signifie que l’on a bien un produit alcalin (doux) et nettoyant. Les critères de poids, d’aspect, de dureté, d’onctuosité de mousse sont également des points importants à relever en fin de cure.

Les plus exigeants procéderont à l’ébavurage de leur savon en taillant légèrement les arrêtes afin de donner un aspect plus « net », plus « travaillé ».

Phase finale importante et obligatoire : une fois les tests approuvés, il reste le n° de lot et le poids à apposer sur l’étiquetage.

Et voilà mes savons sont prêts à glisser entre vos mains !!

Les savons industriels ou gros étals de savons vendus sur les marchés : Sauvez-vous !

Ces petits blocs colorés et même bio, sont issus de bondillons (matière produite par l’industrie chimique) agrémentés de colorants et de parfums. Bien que lavants, ils n’ont aucune vertu pour votre peau et seront même ultra agressifs et polluants.

Tout savoir grâce aux étiquettes ! Lisez la liste INCI et déchiffrez ses codes. Alors qu’un savon à froid va souvent commencer par « sodium olivate », « sodium cocoate », « butyrospermum parkii butter » et sera accessoirement agrémenté de « kaolin », « montmorillonite », « citrus lemon peel oil », « glycerin » (naturellement présente) ; les savons cracras eux sont généralement composés de « sodium palmate », « sodium tallowate », EDTA, PEG, PPG, et beaucoup d’autres noms qui deviennent difficilement compréhensibles : fuyez !

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Les labels cosmétiques bio

LISTE LABEL

Les nombreux labels cosmétiques bio présents sur le marché interdisent l’utilisation de certaines substances. Ces interdictions sont communes à la grande majorité des labels :

OGM, parfums de synthèse, huiles minérales, colorants ou pigments de synthèse, ingrédients obtenus par des procédés qui ne respectent pas l’environnement (PEG, PPG, pesticides etc.), conservateurs artificiels (glycols, phénoxyéthanol, parabens, formol, etc.), substances à base de mercure, matières premières dont le prélèvement entraîne la mort d’un animal (blanc de baleine, huile de tortue, collagène, etc.), tests sur les animaux.

Petit tour d’horizon des différents labels bio :

Les deux plus connus sont le logo AB et l’Ecofeuille

Surtout destinés à l’industrie alimentaire : ils sont complémentaires et garantissent l’absence de produits chimiques de synthèse comme les pesticides, les désherbants ou encore les engrais. L’utilisation d’OGM est interdite et le bien-être animal pris en compte puisqu’il se soucie des conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux.

Ecocert : label et organisme certificateur

Label français né en 2003, Ecocert est à la fois un label et un organisme certificateur. Plus précisément, une équipe Ecocert peut être mandatée pour auditer et accorder un label bio même autre qu’Ecocert (selon les exigences du label demandé)

Ce label à instaurer un cahier des charges devant respecter :

  • 95% au minimum des végétaux qu’il contient sont biologiques
  • 20% d’ingrédients biologiques au minimum sont présents dans la formule au total mais seulement 10% pour les produits à rincer

Le gros point noir étant le peu d’ingrédients bios exigés dans le produit mais aussi le tarif assez élevé pour la certification et pour l’audit.

Autre point négatif selon moi : il est possible de ne certifier qu’une partie de la gamme de produits vendus. Incluant, de ce fait, pour la même marque une mixité de produits au label bio et non bio. Pas super niveau transparence et déontologie…

COSMEBIO – COSMOS ORGANIC – COSMOS NATURAL

Label français, né en 2002, il délivre trois types de labels : un label bio, un label naturel bio, un label naturel.

Depuis peu a été créé une filiale du groupe : « Cosmecert »  qui agit en tant qu’organisme certificateur.

Encore une fois, le peu d’ingrédients bio exigés dans le produit mais aussi le tarif assez élevé pour la certification et l’audit le rendent trop facilement accessible aux grosses entreprises cosmétiques.

Ici aussi, il est possible de ne certifier qu’une partie de la gamme de produits vendus.

On peut donc retrouver des grandes marques très sales avec ce label… bof bof…

COSMEBIO  95% d’origine naturelle 10% d’ingrédients bio,

COSMOS ORGANIC 95% d’originie naturelle 20% d’ingrédients bio ou 10% pour les produits à rincer,

 

COSMOS NATURAL 95% d’origine naturelle bio non exigé.

Nature & Progrès

Nature et progrès est une fédération internationale créée en 1964. Son éthique repose sur la garantie de trouver des produits sains de qualité et la garantie de contribuer à préserver et entretenir notre environnement.

Cette association s’engage aussi à respecter l’individu en assurant solidarité, entraide, et soutien moral du personnel des marques labellisées et des fournisseurs.

La charte Nature & Progrès respecte le label AB en y ajoutant des contraintes plus restrictives.

Cette mention est la seule qui assure 100% de matières premières  bio.

Les garanties de ce label :

Nature & Progrès est une association à but non lucratif, regroupant producteurs, transformateurs et consommateurs. Ce n’est donc pas une entreprise privée qui envoie un audit. Ce sont des personnes engagées et directement concernées par la certification.

Les cosmétiques peuvent avoir un impact sur notre santé et sur celle de la planète. En ce sens, l’association a mis en place un cahier des charges très exigeant auquel les consommateurs peuvent se fier.

Leur charte est plus stricte que les autres labels cosmétiques bio. Nature & Progrès est le premier et le seul à avoir proposé un référentiel biologique qui propose des cosmétiques composés de matières premières les plus brutes possible. Des matières premières formulées sans utilisation de molécules de synthèse d’origine pétrochimique ou sans chimie verte et qui répondent à des normes et à des critères précis de respect de l’environnement et uniquement issues de mention Nature & Progrès ou labellisés BIO.

Pour toutes ces belles valeurs, j’ai décidé de demander la mention Nature & Progrès pour ma savonnerie qui a été accordée en Mars 2022.

Au delà d’une logique de transparence et du bien fondé d’un véritable label bio, cette mention assure une communication claire et sûre pour tous les consommateurs. Au travers d’une marque labellisée Nature & Progrès aux hautes valeurs écologiques et éthiques, vous avez l’assurance de trouver un cosmétique bio, sain qui vous veut du bien !